Quand Mély vient à la rescousse de nos « petits ventres sensibles »…

Je connais le blog Chaudron Pastel depuis que je blogue. Il fut l’une de mes premières lectures et je le consulte depuis régulièrement, pour y savourer les recettes et les différents partages de Mélanie Duféey, alias Mély, son auteure. Doux et poétique, l’univers de la jeune parisienne est enchanteur et je ne suis pas la seule à aimer m’y perdre au fil des pages.

©Mély_Chaudron Pastel

« Officiellement, Naturopathe.
Officieusement, créatrice de douceur. »

Tels sont les mots que Mély emploie pour se présenter sur son site. L’amour, le respect et l’authenticité sont autant de termes qui me viennent également à l’esprit quand je la lis ou je la regarde, en vidéo. Du reste, c’est au détour de l’une d’entre elles que j’ai découvert que Mély souffrait du syndrome de l’intestin (ou côlon) irritable (SII), alias colopathie fonctionnelle, dont je fais moi-même les frais depuis de nombreuses années. Sa vidéo mais aussi ses articles de fond sur le sujet m’ont permis de mettre en place de nouvelles habitudes dans mon quotidien qui me permettent aujourd’hui d’aller mieux.

À l’occasion de la sortie du premier ouvrage de Mélanie, Syndrome de l’intestin irritable: La méthode anti-douleur, paru le mois dernier aux éditions Hachette Bien-Être, j’ai pu approfondir mes connaissances en matière de colopathie fonctionnelle, ou irritable bowel syndrome (IBS) en anglais et mettre en place plusieurs techniques holistiques pour me sentir mieux dans mon corps. Mes douleurs abdominales sont moins violentes qu’elles ne l’ont été dans le passé et je peux à nouveau souffler après plusieurs mois de crises à répétition.

©Mély_Chaudron Pastel

Aussi, il était évident pour moi de faire intervenir la jeune naturopathe sur mon blog pour vous la présenter d’une part mais aussi pour qu’elle puisse répondre à certaines de mes questions, que voici…

©Mély_Chaudron Pastel

  • Bonjour Mély, je te remercie d’avoir accepté ma proposition d’interview à la suite de ma lecture de Syndrome de l’intestin irritable: La méthode anti-douleurCe livre est une véritable mine d’informations !! Comment t’est venue l’idée de travailler sur le sujet délicat que sont les « petits ventres sensibles » (cette expression vient de toi) ? Que t’a apportée l’écriture de cet ouvrage ?

On devrait plutôt dire que c’est l’idée qui m’a trouvée, et est venue à moi : un joli jour de février 2016, j’ai reçu un message dans ma boite e-mails d’une éditrice travaillant chez Hachette me demandant de la contacter pour échanger sur un projet. Quelques e-mails, rendez-vous, réunions éditoriales internes plus tard… le contrat a été signé. C’était un peu fou, pour moi, de voir cette petite graine éditoriale toute fragile prendre des couleurs, s’agripper à la vie, et commencer à germer. En effet, j’ai dû essuyer plus d’une vingtaine de refus et voir avorter de précédents projets éditoriaux avant de voir celui-ci prendre, et fleurir. Avant d’écrire un livre, on n’imagine pas qu’il existe autant de petites & délicates étapes entre ce premier contact avec une maison d’édition et le jour où le projet est sûr de voir la vie… et commence à se vêtir de couleurs, de goûts, de jolis mots, d’illustrations et de photos.

L’expression petits ventres sensibles vient de moi, oui. Écrire ce livre – et surtout cheminer avec ce syndrome m’a énormément enrichie – et ce, sur plusieurs plans : personnellement, humainement, professionnellement. Le SII est un syndrome avec lequel il est plus ou moins difficile de vivre au quotidien : il y a des jours ensoleillés (où les maux sont absents), et d’autres plus nuageux (où les maux sont très présents, et il est difficile de vivre sa vie normalement). Comme toute chose «difficile», je trouve qu’il est plus aisé de les aborder en pleine conscience. C’est délicat, et demande une grande force d’esprit d’arriver à voir & vivre les expériences douloureuses ainsi, mais je pense que c’est une clé essentielle pour enrichir notre vie de joie. Arriver à outrepasser la souffrance (physique ou émotionnelle quelle qu’elle soit), et y voir une occasion de transcender cette expérience pour s’enrichir et grandir est une extraordinaire façon que chacun peut utiliser pour vivre plus en harmonie avec la vie, ses aléas, et son lot de difficultés (quant aux joies, on doit aussi apprendre à les vivre pleinement… mais c’est une autre histoire).

©Mély_Chaudron Pastel

De cette expérience douloureuse, j’en suis sortie enrichie… voici quelques-uns des «cadeaux» que j’ai pu puiser en elle :

♦ Mon chemin de vie (indépendamment de mon alimentation) m’a appris à relativiser : il est impossible d’avoir une vie constamment parfaite en tous points : on ne peut combiner à chaque seconde de notre vie, une perfection éthique / physique / émotionnel / écologique / social / spirituel. En revanche, chaque jour, on peut faire du mieux que l’on peut. Chaque jour, on a le pouvoir (le devoir ?) d’essayer de tendre les différentes sphères de notre vie vers un équilibre : pour soi, pour la société, pour les êtres vivants.

♦ L’importance de respecter davantage. Se respecter soi, respecter l’Autre. Le respect passe aussi par l’acceptation des messages de notre corps : savoir reconnaître et accepter que nos ressentis peuvent aller à l’encontre de certaines des croyances que nous pouvons avoir ou entendre. Le respect passe aussi par ne pas juger l’Autre : si une personne réagit d’une certaine manière, si elle agit, parle ou ressent des choses d’une manière très différente qu’on aurait pu nous-mêmes avoir face à une même expérience… c’est qu’il y a une raison. Cette personne n’a pas forcément tort (et nous raison) : c’est son expérience de vie, son passé, ses paramètres de vie actuelle qui l’auront amenée à vivre / faire / réagir / manger ainsi. Parfois, ce que l’on voit n’est que la partie visible de «l’iceberg» d’autrui. Et, on ne devrait jamais juger l’Autre pour cela… nous devrions toujours essayer de l’accepter, de comprendre, de nous rapprocher de lui… c’est si enrichissant de procéder ainsi. Je pense pouvoir dire que j’agissais déjà ainsi dans ma vie professionnelle (avec les personnes que j’accompagne en Naturopathie), mais ne l’appliquais pas aussi souvent que maintenant, avec mes proches (amis & famille)… désormais, je suis plus ouverte, plus «accueillante» des émotions / décisions d’autrui.

♦ Cela m’a confortée dans l’aspect holistique de l’Être humain : parmi les outils qui m’ont aidée, et ont mis un terme à ma poussée de SII, il y a eu l’alimentation pauvre en FODMAPs (je vous en parle plus loin), ainsi que la lecture de l’Ayurvéda (il est fascinant de voir que les recommandations de cette médecine traditionnelle indienne face aux troubles digestifs de type SII conseillent d’éviter les aliments dont la majorité peut être retrouvée dans la liste des aliments déconseillés contenant des FODMAPs !)

©Mély_Chaudron Pastel

  • Peux-tu rapidement nous expliquer ce qu’est le syndrome de l’intestin irritable (SII) ? Concerne-t-il uniquement nos intestins comme son nom peut laisser penser ? Pourquoi est-il si mal diagnostiqué aujourd’hui mais aussi si peu connu, voire pris au sérieux par le corps médical ?

Le SII est un trouble digestif dû à une hypersensibilité des cellules nerveuses du système digestif, se caractérisant par des maux ressentis tout le long de celui-ci. Son appellation est trompeuse, car les maux ressentis peuvent toucher tous les étages de notre tube digestif (de notre estomac, notre côlon, notre vésicule-biliaire, etc.), et ce à des intensités variables selon les individus, et son état (hors crise ou pendant une crise). Ces grandes différences de manifestations a longtemps renforcé la difficulté des médecins à pouvoir poser un bon diagnostic, car on a longtemps cru qu’il s’agissait de maladies ou de syndromes différents (d’où les nombreuses appellations : «colopathie fonctionnelle», «colitique», «syndrome du côlon irritable» qui, en fait, désignent toutes le SII).

De puissants liens relient notre système nerveux à notre système digestif : chez les personnes atteintes du SII, ces liens ont une architecture différente de la majorité du reste de la population dite « saine ». Plus sensible, exacerbé, il capte et laisse passer une plus grande quantité d’informations et d’éléments physiques. Bien que bénin, ce syndrome peut entraîner une altération de la qualité de vie plus ou moins importante.

On continue chaque jour à faire de nouvelles découvertes scientifiques au sujet de notre flore intestinale, de son fonctionnement, de ses nombreux liens avec notre système nerveux central (notre cerveau & donc nos émotions) : depuis une dizaine d’années, la science & la médecine s’intéressent et travaillent sur le sujet. Aussi, même si nos connaissances sont plus étoffées aujourd’hui que celles que nous avions 5 ans en arrière, notre microbiote intestinal demeure un sujet encore assez nébuleux. De ce manque de connaissances (et de recul) du monde médical et scientifique sur le sujet, découle une prise en charge pouvant être très différente d’une personne atteinte du SII à une autre (en fonction du médecin / équipe médicale) : certaines prises en charge tendront à minimiser la souffrance de la personne allant parfois jusqu’à réfuter l’existence d’un dysfonctionnement en affirmant à la personne atteinte que «c’est dans sa tête», l’amenant à pouvoir ressentir de la colère, de la culpabilité, et un manque de confiance en elle… toutes ces émotions ne faisant qu’accentuer sa souffrance & détresse psychique.

Heureusement, il existe aussi des spécialistes qui savent aborder le SII avec de meilleures conditions, de nombreux d’outils (plus ou moins holistiques), et une meilleure écoute. À ce jour, il n’existe aucun test (sanguin, radiologique ou autre) permettant de diagnostiquer le SII de manière rapide, formelle & définitive. Un diagnostic médical est possible par certains experts, et peut s’effectuer en une ou plusieurs étapes en commençant sur l’établissement d’une base des symptômes les plus courants, pouvant être enrichi par d’autres investigations plus poussées, mais qui demeurent assez intrusives.

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  • Brièvement, quels sont les outils que l’on peut mettre en place pour soulager les douleurs qui découlent du SII ? Faut-il agir uniquement sur le plan alimentaire ?

Je diviserai les outils selon trois grandes natures :

Alimentaires : cela concerne le choix de nos aliments bien sûr, ainsi que d’autres sphères auxquelles on ne pense pas forcément ou qui sont peu connus tels que la manière de construire nos repas (mets «associés» ou «dissociés»), comment préparer nos repas (le type de cuissons à privilégier par exemple), les superaliments qui peuvent aider selon la manière dont s’exprime nos maux du SII (rapidité ou lenteur de notre transit, quel étage de notre système digestif est concerné, etc.).

Psychiques : se focaliser uniquement sur ce que l’on mange lorsque l’on a le SII est une des erreurs les plus courantes. Étant donné que ce syndrome découle d’un fonctionnement exacerbé de nos cellules nerveuses situées le long de notre tube digestif, on doit à la fois agir sur notre digestion (et donc notre nourriture) et sur notre capacité à vivre plus en harmonie nos émotions, à gérer notre stress, à accepter & transcender des émotions «négatives» telles que de la peine, des idées noires, etc. Que ce soit seul ou accompagné d’un thérapeute, on devra donc choisir plusieurs outils qui nous aideront à vivre plus en harmonie avec nos expériences au quotidien, nos émotions. On peut par exemple s’exercer à vivre en pleine conscience, s’offrir des séances de sophrologie une à deux fois par mois, apprendre à méditer, réaliser une psychothérapie, etc.

Diverses : on peut également user d’autres outils sans lien avec l’alimentation & nos émotions : leur impact peut faire une grande différence. On sous-estime énormément le pouvoir d’une bonne respiration (avec une correcte amplitude & rythme) : celle-ci influe à la fois sur notre système digestif (le diaphragme «masse» certains de nos organes), et sur nos émotions de par ces bienfaits physiques (une meilleure oxygénation de nos cellules améliore directement leur fonctionnement). Nous avons également le monde extraordinaire et Ô combien subtil des plantes avec la phytologie (tisanes & hydrolats), l’aromatologie (les huiles essentielles), ainsi que les bienfaits prouvés scientifiquement d’une activité physique régulière.

Ces trois catégories d’outils sont détaillées dans mon livre. J’y donne également des conseils pour réussir à les intégrer dans nos habitudes au quotidien. Les deux premières (alimentaires & psychiques) sont essentielles à inclure dans nos habitudes quotidiennes lorsque l’on est atteint du SII : si l’on choisit une seule des deux (évictions de certains aliments, prise de certains superaliments ou compléments alimentaires), bien que cela aidera à diminuer nos maux, sur le long terme, cela nous amènera inéluctablement à une rechute.

Il est vrai que selon notre constitution (notre «profil»), certaines personnes verront une plus grande amélioration en adaptant ses habitudes alimentaires, tandis que pour d’autres, leur qualité de vie se verra améliorer en faisant un travail sur leurs émotions : il appartiendra à chacun d’adapter la quantité (et le rythme) de ses changements en fonction de son histoire, de sa sensibilité & de ses habitudes actuelles alimentaires. Et, en parallèle, il convient également de réaliser un travail de fond sur la flore intestinale (souvent déséquilibrée) et la muqueuse intestinale (souvent enflammée).

©Mély_Chaudron Pastel

  • Tu t’es récemment mise à nue devant tes lecteurs, notamment en leur expliquant les raisons qui t’ont poussées à réintroduire des produits d’origine animale dans ton alimentation. Peux-tu nous évoquer les raisons d’un tel choix ? A-t-il été difficile pour toi à prendre ? Peut-on aimer et respecter la nature et les animaux en mangeant de la viande ? N’est-ce pas contradictoire ?

J’ai eu une alimentation végétarienne pendant 5 ans, et j’ai eu une alimentation végétalienne pendant environ 6 mois. Je n’ai jamais été attirée par la viande & le poisson : enfant, ma mère avait un mal considérable à me faire manger des produits animaux. Que ce soit par goût personnel ou de par ma sensibilité (déjà présente enfant), je refusais de manger un grand nombre de produits animaux. En 2009, j’ai découvert l’alimentation saine : une cuisine incluant de nombreux nouveaux aliments : légumineuses bien sûr (entières, en tartinade, en cake, quiche ou soupe !), ainsi que les noix et graines d’oléagineux, les algues, les nombreuses céréales et pseudo-céréales : j’étais émerveillée par tant de choix, de variété, de goûts & de couleurs ! De manière très progressive, j’ai commencé à cuisiner différemment : je consommais de moins en moins le peu de produits animaux que j’appréciais (essentiellement les poissons gras et la volaille).

Presque simultanément (fin 2010), j’ai entamé ma reconversion professionnelle (formation en Naturopathie) : j’ai dû revoir toutes mes habitudes de consommation pour pouvoir continuer à payer toutes mes factures… et c’est à ce moment que je me suis décidée à essayer de manger végétarien ! Quelques mois plus tard, la lecture du livre «Toxic» de William Reymond, m’a fait prendre conscience des coulisses de l’industrie agroalimentaire : à mes préférences gustatives et choix financiers s’est donc ajoutée une volonté de faire ma part de colibri d’un point de vue écologique et éthique. J’avais une alimentation végétarienne (à tendance végétalienne) équilibrée et saine où je ne consommais que très rarement des produits industriels (similis, tartinades déjà prêtes, etc.). Mon parcours, mes goûts et ma sensibilité me tenaient donc bien éloignée de la consommation des produits animaux : je n’ai jamais ressenti ce choix alimentaire comme frustrant ou handicapant (pour moi-même ou vis- à-vis de mes proches lors de mes sorties, etc.).

Puis, un événement a littéralement changé ma vie : une poussée du Syndrome de l’Intestin Irritable (dont je suis atteinte depuis fin 2010, déclenché par un choc émotionnel) a bousculé toutes les facettes de ma vie, autant personnelles que professionnelles. Plus les mois passaient, et plus mon état s’aggravait. Ma souffrance physique m’a clouée au lit des journées entières impactant ma vie privée (mes sorties avec mes proches par exemple), et ralentissant mes nombreux projets professionnels, mon équilibre psychique (je broyais du noir plus souvent, cela me ressemble si peu !), etc. Durant 18 mois, j’ai essayé énormément de choses, mais malgré mes rencontres (médecins, thérapeutes), mes recherches, et mes essais (éviction du gluten, cure de certains compléments naturels, etc.), mon état s’empirait, atteignant un sommet que j’espère ne plus jamais revivre : une souffrance constante où un répit d’une demi-journée par mois environ était le summum que je pouvais espérer en termes de bien-être.

Quelque temps avant cette poussée du SII, mon parcours professionnel et ma passion pour l’alimentation saine m’a amenée à des lectures au sujet d’une alimentation qui m’avait intriguée, mais à laquelle je ne m’étais jamais essayée : l’alimentation ayurvédique (la philosophie et médecine traditionnelle de l’Inde) et pauvre en aliments contenant des FODMAPs (*). La combinaison des deux incluant la réintégration des produits animaux, j’ai attendu de nombreux mois avant de me décider : j’avais besoin de me sentir prête (ce qui n’est pas évident lorsqu’on a (eu) une alimentation végéta*ienne pendant plusieurs années !). C’est à la fin de l’année 2015 que j’ai réintroduit du poisson, et quelques mois après, de la volaille. Au moment où j’ai réintégré des produits animaux, j’étais «en paix» avec ma décision.

Je ne dirai pas que cela a été facile psychologiquement, mais le bien-être et le soulagement physique qui s’en sont suivis ont largement contribué à me rassurer, et à me conforter dans mon choix. Certains pourront penser que ma décision est égoïste, et souligne une faiblesse… d’autres, au contraire, y verront une certaine forme de courage dans cette action d’outrepasser des principes de vie altruiste envers le Vivant. Dans la vie, rien n’est tout «blanc» ou tout «noir» : tout est une question de richesse en gamme de couleurs, en tons, en nuances. Aussi, je pense que ma décision découle d’une certaine forme de courage, et d’une certaine faiblesse à la fois.

Je pense pouvoir dire que j’œuvre pour un monde meilleur de demain à mon échelle, à ma façon (tant au niveau personnel que dans ma vie professionnelle). Concernant mon assiette, elle n’est certes pas végéta*ienne, mais j’essaie de faire au mieux en prenant en compte ma condition physique (petits producteurs et/ou bio et/ou Demeter, aller dans des marchés, regarder & contacter des éleveurs se trouvant autour de la maison de campagne de ma famille, choisir des produits de la mer issue de la pêche à la ligne ou raisonnée, etc.)

(*) FODMAPs = terme anglais «Fermentable by colonic Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides And Polyols» traduisibles par «oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles par la flore intestinale».

©Mély_Chaudron Pastel

  • Ceci étant dit, plus de 70% des recettes de Syndrome de l’intestin irritable: La méthode anti-douleur sont végéta*iennes, et toutes sont entièrement végétalisables. D’après toi, faut-il se nourrir d’après les principes de l’ayurvéda, en fonction de son terrain, quitte à disposer plusieurs plats sur la table, comme les Indiens, afin que chacun puisse piocher ce qui lui plaît et lui fait du bien ?  

Je pense que tous les «courants» / choix alimentaires (cru, vegan, végétarisme, paléo) peuvent être bénéfiques pour chacun de nous, mais pas pour tous à la fois. Autrement dit : adopter une certaine manière de manger pourra parfaitement convenir à une personne, mais pas forcément à une seconde personne. Ces différences découlent de plusieurs paramètres : de notre constitution (ayurvédique que l’on nomme «dosha», naturopathique selon la Naturopathie), la saison (la température de l’endroit où l’on se situe, celle-ci impactant notre équilibre acido-basique, lui-même en lien avec notre capacité digestive), si l’on a certaines pathologies ou troubles homéostatiques, etc. Bien que tout cela puisse paraitre complexe, je trouve cette diversité et toutes ces subtilités fascinantes : elles sont le reflet de la richesse de l’Humain.

Je pense qu’il est dangereux de vouloir trouver une solution unique pour tous, et cela concerne également l’Ayurvéda, la Naturopathie et tout autre courant alimentaire. (Et l’on doit également prendre en compte le facteur «humain» de chacun de ces courants : beaucoup de thérapeutes conseillent le cru – sous forme de crudités ou de jus de légumes – pour la grande majorité des personnes qu’ils suivent, été comme hiver, mais cela peut être néfaste pour certaines personnes ! Ainsi, même si une personne a un «diplôme», il faut également se rappeler qu’avant d’être un professionnel, cette personne a eu une histoire, a ces propres convictions : un bon thérapeute doit pouvoir mettre de côté ces convictions & sa vision de la vie pour s’adapter réellement à la personne qu’il accompagne ♥)

Pour en revenir à l’Ayurvéda : je pense qu’elle peut énormément aider, en cas de SII : elle se positionne par exemple différemment de la Naturopathie au sujet du cru (vous pouvez lire cet article pour en découvrir davantage, si le sujet vous intéresse). D’une manière générale, lorsque nos maux digestifs sont plus présents certains jours : j’aurai tendance à conseiller à manger «dissocié» (une base de légumes pauvres en FODMAPs accompagné de protéines animales si l’on est omnivore ou de céréales blanches ou demi-complètes si l’on est végéta*ien). Les jours où les maux peuvent nous laisser plus en paix : on pourra manger varié (en changeant régulièrement les légumes / céréales / protéines cuisinés), et en mangeant «associé» (trio : légumes + féculents + protéines), sans toutefois mélanger un trop grand nombre d’aliments au sein d’un même repas.

En effet, mêler un trop grand nombre d’aliments n’est pas forcément synonyme d’un bon équilibre, car certains mélanges doivent être privilégiés & d’autres évités (en termes d’association, d’herbes, d’huiles, etc.) : l’Ayurvéda utilise une cuisine où beaucoup de petits mets sont proposés, combinant une large palette de couleurs, de saveurs… mais une telle synergie se créer en suivant des règles précises en fonction des propriétés, de l’équilibre obtenu en associant les ingrédients d’un même repas.

Pour conclure, je dirai qu’il faut retenir l’importance d’adapter nos habitudes de vie (alimentaires et autres) selon notre constitution (naturopathique et/ou ayurvédique – elles se regroupent en de nombreux points), et les autres paramètres (cités précédemment), et avoir la sagesse d’accepter que ce qui peut fonctionner pour l’un puisse ne pas fonctionner pour nous… et vice-versa.

©Toutes les images de cet article sont la propriété de Mély_Chaudron Pastel.

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5 comments

  1. Emma says:

    Merci pour cet article ! J’ai tenté une alimentation végétalienne pendant plus d’un an et je n’ ai jamais été aussi mal…. des jours de douleurs avec des selles tellement fréquentes que les toilettes était la pièce où je passais le plus de temps.
    Je suis revenue à une alimentation végétarienne et ça me convient, je peux pas me résoudre à consommer à nouveau viande et poisson et je suis bien comme ça. Ça m’a énormément peiné mais sur tous les autres aspects, je fais attention (pas de cuir, laine, soie, pas de produits testés etc..).

  2. Miss Pat' says:

    Bonjour Lili. Merci de nous faire partager cet interview intéressant de Mély. J’aime lire son blog, visionner ses vidéos. Elle a développé une philosophie riche et intéressante pour mieux appréhender les difficultés de la vie.
    Je souffre du SII depuis quelques années. Je suis d’ailleurs en ce moment dans une période de crise, mais j’essaie de la vivre au mieux. Je trouve ça intelligent et déculpabilisant de bien retenir qu’il ne faut pas se focaliser seulement sur ce que l’on mange. Les émotions ont une importance déterminante. Je viens de commander le livre de Mélanie qui m’aidera beaucoup, je n’en doute pas.

    Bisous et bonne continuation. A très vite ;-)

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