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Épisode n°4 : être heureux, un but en soi ?

Je souhaitais commencer ce nouvel épisode avec un moment de gratitude.

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Et puisque l’on parle d’être heureux, je souhaite aborder avec vous aujourd’hui la notion de bonheur. Je voulais intituler cet épisode “Pourquoi vouloir être heureux à tout prix est une connerie” et puis j’ai choisi un titre plus soft : “Être heureux, est-ce un but en soi ?” Bon, vous devez avoir compris ma position, ainsi que la réponse que je vais développer dans l’émission…

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J’écoute l’épisode 4

 

 

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Transcription du podcast

Bonjour et bienvenue sur Vert ma Vie, votre rendez-vous bien-être ! Je souhaitais commencer ce nouvel épisode avec un moment de gratitude. Vous êtes un peu plus nombreux à me rejoindre chaque semaine ici, sur mon site, ainsi que Facebook et Instagram. Vos retours me font chaud au cœur et je suis HEUREUSE que mes partages vous parlent et vous portent.

Et puisque l’on parle d’être heureux, je souhaite aborder avec vous aujourd’hui la notion de bonheur. Je voulais intituler cet épisode “Pourquoi vouloir être heureux à tout prix est une connerie” et puis j’ai choisi un titre plus soft : « Être heureux : est-ce un but en soi ? » Bon, vous devez avoir compris ma position, hein, ainsi que ma réponse que je vais développer maintenant.

Mais avant de poursuivre, j’aimerais revenir sur la définition du bonheur et de ce terme « heureux ». Mon fils, 31 mois, nous dit souvent « Moi je suis content ». Et il a compris que cette simple phrase était plutôt positive, qu’elle nous mettait même en joie, nous ses proches. Si petit, Gabriel a déjà saisi qu’être « content » était encouragé, souhaité, espéré. A l’inverse, être mécontent, triste, fâché… n’était pas quelque chose avec lesquels les adultes étaient à l’aise. Pourquoi ?

Le Larousse définit le bonheur comme un « état de complète satisfaction » tandis que le dictionnaire de philosophie en ligne Dicophilo.fr va plus loin et soulève les notions de stabilité et de durabilité attachées à cette satisfaction complète. Je pense que nous sommes majoritairement d’accord pour affirmer que lorsqu’on évoque notre quête du bonheur, nous ne parlons pas de joie intense ou de plaisir éphémère. Un bref contentement n’est pas ce que nous visualisons quand nous nous imaginons « heureux ». Heureux, qui soit dit en passant, est l’émotion que l’on rattache au bonheur.

Une rapide recherche sur Google nous informe que la question « comment être heureux ? » arrive en deuxième position, après « comment être belle ? » et avant « comment être riche ». Quant aux ouvrages et magazines qui traitent du bonheur… Il en sort chaque semaine ! D’où la question que je me pose depuis un moment maintenant ? Le bonheur est-il un but en soi ?

Pendant longtemps, ma réponse était affirmative. Je m’étais moi-même lancée dans une chasse au bonheur… infructueuse. Si bien que j’étais persuadée que quelque chose clochait en moi. J’avais un job, un appart’, un mec, des projets avec lui… Puis un nouveau départ dans le Sud-Est de la France, le soleil, le mec désormais mari, une passion pour la cuisine bien installée, quelques économies… Je trouvais toujours cependant un domaine de ma vie qui ne convenait pas, et notamment un manque de sens global que je ressentais depuis l’enfance.

J’étais persuadée que tant que je ne mettrais pas le doigt sur mes problèmes de santé, sur pourquoi j’étais constamment insatisfaite au travail ou encore la raison logique de mon existence… Je ne serais jamais heureuse. Non seulement j’attribuais mon bonheur à une source extérieure à moi-même, mais en plus j’en faisais le Graal, une quête de tous les jours, tantôt motivante, tantôt frustrante, tantôt désespérante.

Et puis un jour, je suis tombée sur « The Happiness Trap » – « Le piège du bonheur » – de Russ Harris, médecin et psychothérapeute, porte-parole du mouvement de l’ACT, thérapie d’acceptation et d’engagement appartenant à la troisième vague des thérapies comportementales et cognitives. Moi qui jusqu’alors ne lisais que des bouquins regorgeant de techniques pour accéder au bonheur, voilà qu’un auteur reconnu m’interrogeait sur l’utilité même et le bien-fondé de la recherche du bonheur…

Plutôt que de bonheur, Russ Harris invite à l’expérience d’une vie riche, pleine et pleine de sens, dans laquelle la douleur, inévitable, est gérée efficacement. Intéressant… Sans rentrer dans les détails de ce qui nous pousse à vouloir toujours plus et toujours mieux, rappelons que nous existons à l’heure de tous les possibles. Et que si nous mourrons encore de maladies et sommes encore vulnérables aux épidémies, dans notre monde occidental, nous avons tout de même tout le confort dont n’importe quel humain peut rêver : de la nourriture en abondance, des matelas moelleux, de l’eau courante et potable… Non mais faites une pause à tout de suite et songez à la magie du robinet que l’on ouvre et que l’on referme pour se laver les mains ou boire un coup !!!! Non seulement nos vêtements sont chauds mais en plus ils sont beaux. On peut végéter sur un canapé cosy devant une série. Se réchauffer les pieds devant un poêle à granules et siroter une tasse de pumpkin spice latte au lait d’amande dans un mug avec des licornes dessus.

Alors oui, il y a la/le Covid, le réchauffement climatique, l’élevage industriel, des guerres civiles… ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. J’attire juste votre attention sur le fait que parfois on se met en rogne parce que le Wifi est coupé ou que notre colis est arrivé avec un jour de retard. Grosso modo, en termes de couvertures de nos besoins essentiels, je crois qu’on est arrivé au top du top, avec tous les excès que notre monde moderne comporte. L’être humain étant un être de contrastes après tout. Bon. Mais globalement, sommes-nous plus heureux pour autant ? Et ce désir profond est-il légitime ?

Pour moi, c’est de la connerie. Du rêve que notre société nous vend, qui englobe un corps parfait, si un tel corps existe, une santé de fer, une maison toujours propre et rangée, des relations apaisées et un job dans lequel on s’éclate et qui rapporte des milliers. Pourchassez tous ces éléments et c’est l’épuisement assuré. Bonjour burn-out, bore-out et brown-out.

Je vous entends presque : « elle est mignonne la p’tite dame avec son coup de gueule matinal, mais moi je fais quoi de tout ça si être heureux c’est encore un truc marketing ? » J’y viens, j’y viens.

Rappelez-vous du Modèle SPEAR que je vous expliquais dans l’épisode 2. Sur quelle ligne peut-on placer le mot « heureux » ? Sur la troisième, celle de l’émotion. Heureux est une émotion que l’on ressent à la suite d’une pensée que l’on émet face à une circonstance. Telle ou telle chose ou personne n’est pas directement responsable de notre bonheur. Seule la pensée qu’on a à son sujet détermine si oui ou non, ce truc en particulier nous met en joie. C’est pourquoi à circonstances égales (comme par exemple un corps fin, des cheveux longs et soyeux, un palace et un chauffeur, Ryan Gosling en petite tenue), vous pouvez surfer la vague de la it-girl ou sombrer dans la drogue. Hollywood nous fournit plein d’exemples pour étayer cette démonstration.

Heureux est donc une émotion, une vibration dans notre corps, que l’on ressent à la suite d’une phrase que l’on compose dans notre tête à propos d’un fait. OK. Jusque là vous me suivez. Si mon but est donc d’accéder au bonheur, à cet état de satisfaction-de joie permanente, je peux donc facilement décider d’orienter mes pensées vers des mots qui vibrent positivement en moi.

Cependant, quand un de mes proches décède, quand une personne est victime d’une inégalité raciale ou sexiste, quand une étude estime que les ours polaires pourraient presque totalement disparaître d’ici à 2100, quand Donald Trump repart en campagne… est-ce que je veux être heureux ? Telle est la question mes amis !!

En réalité, en tant qu’être humain, je veux expérimenter tout le spectre des émotions. Pour ressentir la joie, je dois connaître la tristesse. Pour ressentir la richesse, je dois connaître la pauvreté, pour ressentir la santé, je dois connaître la maladie, pour ressentir l’amour, je dois connaître la haine. D’après les chercheurs de l’université de Californie, aux Etats-Unis, il existerait 27 émotions distinctes, qui comportent toutes de multiples nuances. Par exemple, si je suis en colère, je peux aussi être fâché, énervé, frustré, incompris, enragé… Et je voudrais ne choisir qu’une seule émotion – « heureux » ?

Qu’est-ce que je veux vraiment exprimer quand je lance désespérément : « mais je voulais juste être heureux ! » ? Je ne veux pas ressentir la souffrance : voilà la véritable raison de ma recherche incessante de plaisir. Je rentrerai plus en détail dans les émotions dans un prochain épisode, mais j’ai tout de même envie de souligner ici que les émotions sont l’essence de notre action. J’aime bien prendre la métaphore de la voiture pour expliquer le Modèle SPEAR. La situation est le paysage dans lequel je roule. La pensée est mon moteur, l’émotion mon essence, l’action est mon volant ou mes commandes et le résultat ma trajectoire. La pensée, l’émotion et l’action sont trois éléments indispensables à ma voiture. Je ne peux pas me passer du moteur, de l’essence et du volant pour avancer. Vouloir zapper l’émotion, c’est comme vouloir rouler à vide, sans essence. Ou alors avec le mauvais carburant. On espère faire fonctionner notre moteur avec du diesel alors qu’il fonctionne au sans plomb 95. Je veux conduire ma voiture avec de la joie, alors qu’en réalité, j’ai besoin de colère à cet instant précis. Arun Gandhi, le petit-fils de Mahatma Gandhi, explique parfaitement bien le rôle de la colère dans ‘Le pouvoir de la colère’ et invite à se réconcilier avec cette force indispensable pour changer les choses et ne pas subir, ou encore lutter contre le fatalisme.

Une émotion, si on ne la repousse pas, si on l’accueille, si on est prêt à l’écouter, dure en moyenne 90 secondes. Elle nous interpelle, nous indique ce qui nous convient ou non, nous pousse à agir… Bref, elle impulse une réponse à une situation à laquelle on a attaché une pensée. Quand mon enfant rentre de l’école en pleurant parce qu’un camarade s’est moqué ouvertement de lui en classe, je ne veux pas que mon action soit nourrie par le bonheur. Je vais lui préférer la compassion. L’écouter et le serrer dans mes bras. Quand George Floyd meurt sous les coups d’un policier, je ne veux pas que mon action soit portée par la joie. Je veux choisir l’indignation. Demander justice. Exprimer ma révolte. Et quand l’Organisation mondiale de la santé note s’attendre à une remontée du nombre de morts du Covid-19 en Europe à l’automne, je ne veux pas que mon action soit celle d’une personne heureuse mais méfiante, prudente, mesurée. Je porte mon masque, je reste chez moi autant que possible, je me lave les mains régulièrement…

Est-ce que vouloir être heureux est une mauvaise chose ? Bien sûr que non. Mais vouloir être heureux à tout prix, en faire un but en soi, est contre-productif. Car c’est aller dans le sens inverse de la nature humaine, prendre le risque d’étouffer ses émotions, de les nier, de ne pas les vivre, de les subir plutôt que de les laisser s’exprimer. Au risque de créer un blocage dans mon corps et de développer des troubles physiques et psychologiques.

Voilà pourquoi d’après moi, renoncer à être heureux est un premier pas vers le lâcher prise, vers l’acceptation de ce qui est, des outils qui pour le coup, eux, sont réellement bénéfiques pour une vie riche, pleine et pleine de sens.

Lundi prochain, nous rentrerons vraiment dans le cœur des émotions et nous verrons ensemble comment il est possible d’expérimenter tout le panel des émotions humaines pour faire de ces vibrations une véritable force. D’ici là, je me ferais une joie de connaître votre opinion sur la quête du bonheur, donc n’hésitez pas à la partager sur Facebook ou Instagram.

En ce début de semaine, je ne vais donc pas vous souhaiter d’être heureux, n’est-ce pas, mais plutôt de vous sentir à l’aise dans votre tête et votre corps, l’idée étant d’être un conducteur chevronné, confiant quel que soit la météo et la route empruntée, peu importe sa surface, sa largeur ou son inclinaison. Merci pour votre écoute, à bientôt !