Épisode n°6 : Râler, utile ou non ?

Ce week-end, j’ai beaucoup râlé à propos de la météo et de la chute des températures, du vent qui s’engouffre sous les portes et de la pluie qui lèche les fenêtres.

Bientôt, nous allons reculer nos montres et une fois de plus, je vais pester contre la nuit qui arrive trop vite, preuve que j’ai bel et bien du sang Français qui coule dans mes veines.

Mais râler, est-ce utile ou non ?

Je vous livre mes réflexions dans l’épisode du jour.

Bonne écoute !

 

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J’écoute l’épisode 6

 

 

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Transcription du podcast

Bonjour et bienvenue sur Vert ma Vie, votre podcast bien-être. J’espère que vous avez passé un excellent week-end. Personnellement, j’ai beaucoup râlé à propos de la météo et de la chute des températures, du vent qui s’engouffre sous les portes et de la pluie qui lèche les fenêtres. Chaque année, c’est la même chose : quand l’automne arrive, je n’ai pas assez de 4 couches de vêtements, d’un thé fumant à portée de main et d’un feu crépitant pour me sentir au chaud. Et lorsque ces conditions ne sont pas réunies, je grelotte et je me plains.

Bientôt, nous allons reculer nos montres et une fois de plus, je vais pester contre la nuit qui arrive trop vite, preuve que j’ai bel et bien du sang Français qui coule dans mes veines. Car il paraît que les Français sont les champions du monde pour râler. Le président de la République lui-même a lâché en 2018 que « le pays se porterait autrement si les Français se plaignaient moins », créant ainsi une polémique. Pourtant, selon une étude Opinion Way pour la Maaf et Métro en 2010, 93% des Français reconnaissent râler souvent, voire très souvent. D’ailleurs, les Français sont réputés à travers le monde pour être de grands râleurs.

« Près d’un Français sur 4 considère que râler est dans son tempérament et près d’un Français sur trois se justifie en disant que cela lui fait du bien, que cela le détend ». Les principales cibles d’énervement sont l’administration, les transports, la politique, le coût de la vie et les conjoints.

Si on reprend notre Modèle de coaching SPEAR, dans lequel une situation entraîne des pensées, desquelles découle des émotions, puis des actions, râler rentre dans quelle catégorie d’après vous ? Pensée, émotion ou action ? Yes, vous avez raison, râler est bel et bien une action que l’on entreprend. Et comme toute action, râler provient d’une émotion que l’on a ressentie à propos d’une pensée que l’on a émise face à une situation, qui vraisemblablement ne nous a pas convenue.

Exemple :

Situation – La petite dame au supermarché qui sort toutes ses pièces pour payer, qui finalement n’a pas le montant nécessaire et qui cherche son chéquier dans son sac pour régler ses courses.

Pensée – Je vais être en retard pour aller chercher les enfants à l’école.

Emotion – Impatience.

Action – Je râle. Ouvertement ou en silence. « C’est toujours pareil, je choisis la mauvaise caisse et je tombe derrière la personne qui n’a pas anticipé le moment de payer. Les gens ne sont pas doués ou quoi ?! et patati et patata ».

Résultat – Je me mets dans tous mes états, et je me mets effectivement en retard car plutôt que de changer de caisse par exemple, je râle.

C’est que râler nous semble parfois être l’option la plus bénéfique pour nous. Cette action nous donne le sentiment de faire quelque chose de productif, dans une situation dans laquelle on s’estime impuissant.

Coincée dans les bouchons, je râle. Sous la pluie sans parapluie, je râle. Mon train a du retard, je râle. L’école fait grève aujourd’hui, je râle. Le port du masque est obligatoire dans les lieux publics, je râle.

Comme une manière de libérer de la frustration pour ne pas craquer.

Qui n’a pas créé du lien avec un collègue ou un ami en se plaignant d’une situation commune, comme une réunion beaucoup trop longue ou un plat franchement mauvais au restaurant ? Se plaindre en groupe permettrait aux individus de se rapprocher, de se sentir compris.

Selon une théorie avancée par des chercheurs de l’Université de Jena, en Allemagne, manifester son mécontentement serait une manière d’extérioriser ses sentiments et ainsi de libérer du stress, nous permettant de vivre plus longtemps.

Lorsque je travaillais dans la restauration, j’avais l’habitude de pratiquer le « small talk » comme le nomment mes acolytes anglophones, ou l’art d’échanger des banalités. Vous savez, c’est ce genre de conversations passe-partout que l’on dégaine face à des inconnus lors d’une soirée, chez le boulanger, dans les transports ou à la sortie de l’école. Ou encore de petites discussions autour de la machine à café ou à la cantine avec ses collègues, ou au téléphone le dimanche après-midi avec sa grand-mère. Et l’une des manières les plus simples de rentrer en conversation avec un client, c’était souvent de râler au sujet de la température extérieure, des impôts ou de la hausse du prix de l’essence ou des transports en commun.

Je me suis rappelée ça l’autre matin, alors que je prenais mon café dans la salle d’une brasserie. La personne qui était d’ouverture ce jour-là faisait des allées et venues entre la cuisine et le bar, préparant tantôt les sandwichs, tantôt les cafés des lève-tôt, comme moi. Chaque personne qui poussait les portes de la chaîne de restaurant se voyait servir une litanie de propos négatifs par l’employé qui visiblement n’avait hâte que d’une chose : partir en vacances. Lorsqu’il retournait à la cuisine, il soufflait et maugréait que les gens l’agaçaient. Il ne voyait pas que sa propre négativité entraînait une série de conversations négatives.

Mais pour lui, comme pour les clients, parler de ce qui ne va pas plutôt que de ce qui va n’avait rien d’anormal. Au contraire. Le barista obtenait un peu de compassion, et le consommateur était à l’aise avec une forme de communication dont il connaît le fonctionnement. Après tout, pester contre un ennemi commun, Trump / la Covid / la pluie, est facile.

Ce qui me dérange de plus en plus cependant, c’est toute la négativité qui englobe l’irritation ouvertement partagée. Lorsqu’on reprend notre Modèle SPEAR, on s’aperçoit qu’après l’action, arrive le résultat. Quand je pense que les raviolis de la cantine sont infames, que je suis remontée et que je râle auprès de mes collègues, quel résultat est-ce que j’obtiens ?

Est-ce que ce résultat me convient ? Il est important de se poser la question. Car généralement, quand on veut changer quelque chose dans sa vie, c’est qu’on n’aime pas le résultat entraîné par ses actions, ses émotions et ses pensées. Le résultat découle de nos pensées. Nos pensées engendrent nos résultats. Et nos résultats nous conviennent, ou non.

Peut-être que dans une situation particulière, râler va créer un résultat qui vous sert, comme transformer l’expérience des raviolis dégoûtants en moment de partage avec les collègues. Mais peut-être que râler va ne faire qu’accroître votre mauvaise humeur et venir ternir le reste de votre journée. « On ne récolte jamais que les sentiments que l’on sème » chantait Charles Aznavour en 1965, en évoquant les regrets.

Le problème quand on se focalise sur ce qui ne va pas, c’est qu’on oublie tout le reste. On cède à la tentation naturelle de notre cerveau à se pencher sur ce qui ne nous convient pas. On ramène à la surface ce que l’on ne souhaite pourtant pas dans sa vie. On ne voit pas le rayon de soleil derrière le nuage gris ou la légère brise qui rend la chaleur supportable.

Régulièrement, je me mets au régime. Alors pas au régime pour perdre du poids. Car à part faire grossir le portefeuille de l’industrie de la beauté et celui des médicaments, il ne sert à pas grand-chose. Non, au régime « j’arrête de râler ». Il consiste à repérer les moments où j’ai envie de me plaindre à haute voix et à me stopper dans mon élan. Et croyez-moi, il s’agit d’un des régimes les plus difficiles que j’ai jamais entrepris. Il s’agit aussi du seul qui m’a été réellement bénéfique.

Lorsque je sens monter en moi la négativité, je me challenge de la sorte : je reconnais la pensée qui a déclenché mon besoin de me plaindre et je la contrebalance avec un temps de parole positif. Je cherche un angle différent, une autre façon d’aborder la situation que je suis en train de vivre et qui ne me convient pas. Alors l’idée, ce n’est pas de rejoindre le monde des bisounours et de ne pas prendre en considération mes émotions. Seulement de m’interroger sur une éventuelle possibilité de considérer la réalité autrement.

Exemple :

Mon fils réclame un verre d’eau et verse son contenu dans son assiette encore pleine.

Ma pensée première, que je remarque seulement après avoir noté mon envie de râler dans la seconde, même si c’est elle qui est à l’origine de mon émotion et de mon action, est : « ce n’est pas possible, il faut toujours qu’il complique les repas ! »

Je relève cette pensée et l’émotion qui l’accompagne, qui était ce jour-là de l’exaspération. Je me donne de la compassion, j’accueille mes sentiments. Je vous renvoie à l’épisode de la semaine dernière dans laquelle il était question des émotions…

Puis je me demande si je peux accompagner cette pensée d’une autre pensée, que je peux croire également. L’idée n’étant pas de basculer vers quelque chose de type « c’est merveilleux, mon enfant est plein d’idées originales », puisque sur le moment je n’y crois pas, mais plutôt une phrase plus douce, comme « peut-être a-t-il besoin de vérifier quelque chose à ce moment-là », qui génère de la curiosité en moi et me pousse à lui demander : « tu as vu un copain faire ça à la crèche ? », puis de lui rappeler le cadre des repas, et pourquoi on ne verse pas d’eau dans son assiette. Une conversation bien plus utile que « quel petit cochon ! il faut toujours que tu en mettes partout ! » et qui nous mène à un cul-de-sac.

Vous voyez où je veux en venir ? Si râler apporte un soulagement immédiat en libérant une certaine tension, si râler nous permet de connecter rapidement avec notre entourage, si râler renforce notre identité en tant que peuple qui ne se laisse pas faire, le résultat qui découle de cette action n’amorce que rarement un résultat en notre faveur.

La prochaine fois que vous aurez envie de râler, demandez-vous comment vous pouvez changer de regard sur la situation que vous êtes en train de vivre. Cette simple décision peut à elle seule modifier le cours de votre journée, et peut-être de votre vie.

Merci pour votre écoute, bonne semaine.

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2 réponses

  1. Merci Alice.
    Le modele SPEAR va je pense m’aider après toutes ces seances chez conseillère de famille ou psy ou sophrologue ou un atelier sur 4 jours sur l’estime de soi… bien que tout cela ait apporté beaucoup, je ne le renie pas.
    Au delà de vos podcasts c’est un ensemble qui englobe votre personne et ce que vous proposez au sens plus large qui (selon moi) pese aussi beaucoup car vous êtes convaincante et sympathique.
    Merci pour ces podcasts! Je file regarder ce qui m’attend sur Vert Ma Vie!

    1. Avec plaisir Sara.
      Je pense effectivement que tout ceci va vous aider.
      J’ai hâte de vous retrouver sur Vert ma Vie.
      Belle soirée et à très vite,
      Alice

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Alice, alias Lili, maman d’une petite tornade, humaine imparfaite, auteure et coach bien-être.

Je partage sur mon blog des p’tits plats et desserts végétaliens/sans gluten du quotidien pour tous, quel que soit votre régime alimentaire, pour une cuisine alternative gourmande et facile, sans étiquettes ni prise de tête. Que vous ayez envie de plus de vert dans votre vie, de repas plus respectueux de votre corps et de la planète, ou simplement d’instants gourmands légers, vous êtes au bon endroit.

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Coach de vie certifiée et conseillère en naturopathie spécialisée dans la sphère digestive, je suis formée à la gestion des Troubles du Comportement Alimentaire, à l’accompagnement, ainsi qu’à la nutrition.

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