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Episode n°78 : Vivre petit

Restreindre son assiette, c’est restreindre sa vie. Et aujourd’hui, je vous explique comment.
 
Comment se priver de ce que l’on a réellement envie de manger nous maintient enfermé?e?s dans une réalité trop étroite pour beaucoup d’entre nous.
 
Cette semaine, j’inaugure un format plus court – parce que je suis consciente que nos temps d’attention le sont. Je pense que ça vous plaira ! En tout cas, je l’espère.
 
Bonne écoute.
 
Le podcast mentionné : https://podcast.ausha.co/generation-perfectionnistes

Si vous souhaitez poursuivre votre exploration et vous faire accompagner, je peux vous aider à transformer votre rapport à la nourriture afin de vous sentir enfin bien dans votre corps, votre tête et votre assiette.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur : https://auvertaveclili.fr/coaching



J’écoute l’épisode 78

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    Transcription de l’épisode

    Aujourd’hui, je voulais aborder avec vous un sujet que je nourris dans ma tête depuis quelques mois maintenant.

    Au quotidien, j’accompagne des personnes qui souffrent d’une relation à la nourriture et à leur corps compliquée. Elles sont toutes différentes, elles mangent différemment, leurs silhouettes sont différentes, leurs styles également. Elles sont toutes uniques et pourtant, je retrouve quelques points commun, dont celui que je vais aborder avec vous aujourd’hui.

    Je reçois parfois des messages au sujet de mes posts et de mes podcasts. Des personnes qui veulent me donner des pistes d’amélioration je crois, et qui je disent par exemple que je dis trop « euh » dans mes podcasts. Je ne le prends pas mal. Je trouve ça sympa, ça veut dire qu’elles m’écoutent. Sauf que ce « heu » et d’autres tics de langage eh bien ne sont pas si simples à éradiquer. Alors c’est soit je fais « heu », soit c’est rien du tout.

    Combien d’entre nous choisissons l’option 2 – rien du tout – parce que ce que nous produisons n’est pas parfait ? Soit je mange tout fruits et légumes, soit c’est la fête au paquet de gâteaux, soit j’ai une silhouette au poil, soit je cache mon corps avec des vêtements que je n’aime pas trop, soit je pratique du yoga 7 jours par semaine, soit je reste assis?e dans mon canapé… Ce côté perfectionniste dont parle très bien ma collègue coach Gaëlle, auteure du podcast Génération Perfectionnistes, nous empêche de vivre une relation avec notre assiette et nous-même épanouissante. Vraiment.

    Pire, ça nous enferme dans des schémas qui nourrissent un mal-être de tous les instants.

    Combien d’entre nous choisissons la restriction alimentaire pour nous conformer aux standards ? Et quand je parle de restriction, elle peut avoir de nombreuses formes : on peut tous les jours revoir ses quantités à la baisse, ou bien se priver de manger des aliments qu’on aime, ou bien être sujet?tte à des compulsions alimentaires, peser les quantités, se refuser un morceau de fromage parce qu’on veut être végétalien sauf que ça nous coûte mentalement, avaler du quinoa alors que ce n’est pas notre truc mais c’est « bon pour la santé », se faire vomir après certains repas, ne pas acheter ses produits préférés, commander des haricots verts plutôt que des frites, craquer pour une tablette de chocolat ou deux ou trois et ne plus rien manger jusqu’au lendemain, aller courir 20 minutes de plus parce qu’on a fêté un anniversaire avec une part de gâteau, se promettre que lundi on se reprend en main, se dire qu’on manque de volonté, compter les calories, les glucides, les lipides, les protéines, ne pas passer à table avant midi parce qu’on s’essaye au jeûne intermittent, etc. etc. Chaque fois que je me déconnecte de mes envies et de mes besoins, chaque fois que je me prive mentalement, émotionnellement, physiquement, socialement de quelque chose, je perpétue la croyance que je ne suis pas acceptable et que je dois me punir en me contraignant.

    Et ce que je vois de plus en plus, c’est que la restriction alimentaire entraîne la restriction de qui on est. Mes clientes ont toutes ce point commun : elles ont quelque chose à offrir au monde. Elles portent en elle une énergie folle, elles ont ce qu’on pourrait appeler « du caractère », une personnalité, quelque chose de puissant en elles que je ressens. Sauf qu’à vouloir rapetisser leurs corps, à vouloir réduire leurs envies, à vouloir casser le plaisir, à vouloir rentrer dans le moule, elles ferment la porte à ce qu’elles veulent goûter, déguster, savourer… elles vivent petit. Dans le sens : elles vivent une petite version d’elles-mêmes.

    Le poème de Marianne Williamson que j’affectionne beaucoup, repris par Nelson Mandela résume bien le message que je veux vous faire passer :

    ?Notre peur la plus profonde …

    n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur,

    Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toutes limites.

    C’est notre propre lumière et non notre obscurité qui nous effraie le plus.

    Nous nous posons la question…
    Qui suis-je, moi, pour être brillant,
    radieux, talentueux et merveilleux ?

    En fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être ?
    Vous êtes un enfant du divin.

    Vous restreindre, vivre petit,
    ne rend pas service au monde.

    L’illumination n’est pas de vous rétrécir
    pour éviter d’insécuriser les autres.

    Nous sommes tous appelés à briller, comme les enfants le font.

    Nous sommes nés pour rendre manifeste
    la gloire du divin qui est en nous.

    Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus,
    elle est en chacun de nous,

    Et, au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière,
    nous donnons inconsciemment aux autres
    la permission de faire de même.

    En nous libérant de notre propre peur,
    notre puissance libère automatiquement les autres.?

    Je répète : quand je restreins mon alimentation pour perdre du poids, parce que j’ai lu dans un magazine que la nourriture est inflammatoire, qu’il ne faut pas trop de glucides, que je pense que la glace c’est le diable, parce que je ne veux qu’un corps fin et musclé, quand je m’interdis des aliments et que je me sens ensuite privée parce qu’au fond, rien ne m’empêche réellement de les consommer (je n’ai pas d’allergies, de maladies avérée qui nécessite un régime particulier, d’éthique animale en béton armé, que je n’habite pas dans un endroit vide de magasins, et que je peux me payer un plein de courses), je restreins qui je suis. Parce que dans ce moment, sur le Vieux Port à Marseille avec ma famille, JE VEUX MANGER UNE GLACE. Pas un sorbet, une crème glacée. Pistache et caramel. Avec du coulis. Et de la chantilly.

    Regardez un enfant à qui vous tendez un pot à la mangue alors qu’il voulait un cornet avec de la fraise. Il peut vous faire une scène. Parce qu’il se sent blessé. Pas entendu, pas compris, bafoué peut-être même. Croyez-en mon expérience devant un glacier en centre-ville. Nous sommes des enfants nous aussi. Tout au fond, il y a cette voix qui rêve d’une coupe choco-cookie, de danser dans la rue, de faire de la peinture à 8 heures du matin, de grimper dans le caddie, de tirer la langue à des inconnus en voiture, de porter des jupes à paillettes, de sauter sur le lit et de faire de la balançoire toute l’après-midi.

    Si vous dites non au goûter pour des raisons d’adultes, que vous pouvez rationnaliser, justifier… tout en sachant pourtant que l’intention derrière n’est pas des plus sympathiques envers vous, eh bien il est fort à parier que vous vous refusez d’autres choses, dans d’autres domaines de votre vie, comme une demande de promotion au boulot, ou carrément un changement de carrière, une relation amoureuse qui vous fasse pousser des ailes, un voyage que vous repoussez depuis tant d’années maintenant, prendre des cours de comédie musicale et que sais-je encore.

    Restreindre son assiette, c’est restreindre sa vie. C’est poser des limites à qui on est. Alors, qui est prêt?e à tout envoyer valser ? Qui veut retrouver SA place, SON identité, SES valeurs ?

    Si vous avez besoin d’aide pour cette exploration, réservez votre appel en visio offert durant lequel nous allons discuter ensemble de comment vous pouvez vous libérer de vos peurs devant l’assiette et en dehors.