Episode n°83 : Pourquoi je ne partage plus ce que je mange sur Instagram

 

Pendant près de dix ans, j’ai partagé publiquement le contenu de mes assiettes. Aujourd’hui, je vous explique toutes les raisons pour lesquelles je ne publie plus de contenu food sur les réseaux sociaux.

Au-delà de la narration de mon expérience personnelle, je vous propose une réflexion toute personnelle pour vous permettre d’être aligné∙es avec vos “pourquoi”, vos valeurs, vos objectifs de vie.

En fin d’épisode, j’invite les professionnels de l’accompagnement à questionner leurs propres publications, pour des raisons que j’évoque également.

Bonne écoute !

Si vous souhaitez poursuivre votre exploration et vous faire accompagner, je peux vous aider à transformer votre rapport à la nourriture afin de vous sentir enfin bien dans votre corps, votre tête et votre assiette.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur : https://auvertaveclili.fr/coaching

J’écoute l’épisode 83

 

Transcription de l’épisode

Aujourd’hui, j’ai envie de faire un épisode un tout petit peu différent. Qui va vous parler d’une réflexion que j’ai eue avec moi-même récemment.

Si vous souhaitez travailler avec moi sur votre rapport à l’alimentation, à votre corps et à vous-même, je vous propose une offre de coaching individuel qui vous aidera à ne plus avoir peur des aliments, de votre ventre et de vous-même, à vous sentir à l’aise et confiant∙e au moment des repas, et plus globalement dans votre vie. Pour en savoir plus, rendez-vous sur auvertaveclili.fr rubrique coaching.

Avec les personnes que j’accompagne vers une relation apaisée à la nourriture, à leur corps et à elle-même, je parle beaucoup d’intention. De pourquoi je fais les choses que je fais. D’après moi, plus on est en lien avec son POUR QUOI, ses valeurs, ses objectifs de vie, plus on parvient à vivre une vie dans laquelle on se sent vraiment bien. Et si c’est le cas, alors bien sûr que ça s’étendra à l’alimentation – au moins un peu (parce que rien n’est aussi simple et aussi linéaire et souvent, il faut creuser).

Pendant près de dix ans, j’ai partagé publiquement le contenu de mes assiettes. C’était mon travail à temps partiel : blogueuse culinaire puis autrice de recettes publiées. J’inventais des entrées, des plats, des desserts, des goûters. Je postais des photos de mes repas : d’abord sur mon blog, puis sur Instagram et Facebook quand ils sont arrivés dans ma vie. J’ai aussi flirté avec Pinterest, YouTube, et d’autres supports par-ci, par-là.

En dix ans, il s’en est passé des choses. Et dans cet épisode, je ne vais pas à nouveau vous raconter mon parcours, mon histoire avec la nourriture. Pour faire court, disons qu’il y a eu des hauts et des bas. Des bas qui m’ont menée à nouveau vers des troubles alimentaires que je pensais pourtant avoir résolus. Mais il faut croire que non. Aujourd’hui, je sais pourquoi. Et c’est OK. Je sais que ces moments de pas-bien-du-tout, ces dépressions que j’ai connues au-delà de l’assiette m’ont permis d’être là où je suis aujourd’hui.

N’empêche que j’en ai photographié des plats ! J’ai passé des heures incalculables à tester, rédiger, mettre en scène, immortaliser des soupes, des crèmes, des gratins. Si j’aimais transmettre et partager, j’aimais avant tout pouvoir être proche de la nourriture, jouer/danser avec elle, sans trop la toucher. Oui, je goûtais mes créations, j’en donnais beaucoup aussi.

Pouvoir inventer des gâteaux à étages m’assurait un certain réconfort. J’avais le sentiment de contrôler davantage les aliments, de pouvoir me contrôler aussi davantage lorsque j’étais face à eux.

Vous l’aurez peut-être compris, aujourd’hui, je vais vous parler de ma relation à la nourriture sous le prisme des réseaux sociaux. Et je tiens à souligner que mon expérience est personnelle. À aucun moment je ne vais dire que quiconque partage des images de sa mousse au chocolat sur Instagram a un trouble alimentaire, ou que ce n’est pas bien, ce genre de choses. Car, encore une fois, il est question d’intention. Et nos intentions sont uniques. J’en ai marre de ces discours simplistes de tout-le-monde-est-pareil, de l’uniformité, des stéréotypes et des généralisations.

Si nos cerveaux sont enclins à aller dans cette direction, je suis attentive à rediriger les mien vers « il me parle de lui, elle me parle d’elle, iel me parle d’iel » plutôt que de vouloir jeter le bébé avec l’eau du bain, pour reprendre cette expression anglophone que je trouve amusante.

Et si je partage ces mots cette semaine avec vous, c’est aussi parce que je crois qu’ils pourront apporter un éclairage dans la vie de certain∙es. Si vous êtes du genre à photographier vos repas pour les poster ensuite en story, comme je l’étais, vous pourrez simplement questionner vos raisons et décider de si elles vous plaisent ou non.

Parce qu’à la fin de la journée, c’est toujours le plus important : est-ce que ça me plaît d’agir de la sorte ? Est-ce que c’est vraiment moi ou est-ce que c’est l’expression de quelque chose qui ne m’est peut-être pas bénéfique ?

Aucun acte n’est isolé. Pour certains individus, prendre soin d’eux sera de préparer un dîner 100% maison. Pour d’autres, ce sera de commander des pizzas à emporter. À l’heure où la critique est rapide et facile, faisons de la place pour l’expérience individuelle. Et apportons-y de la nuance, de la compassion, de l’humanité.

Le cadre posé, je veux vous apporter mes réflexions, donc, autour du partage de ses repas sur les réseaux sociaux, en vous parlant de ma propre démarche. Ma dernière vidéo culinaire remonte au mois d’octobre 2021, quelques jours avant mon anniversaire. L’été 2021, j’avais tourné une poignée d’images et je les ai publiées parce qu’elles étaient là. Pourtant, mon désir de tourner la page sur les recettes de cuisine était déjà présent.

J’ai animé quelques cours, publié quelques recettes à la rentrée 2021 parce que j’avais encore du mal à me séparer de mon identité de créatrice culinaire. Néanmoins, cela faisait déjà des semaines que mon cœur n’était plus à l’ouvrage. J’étais en pleine dissonance cognitive – c’est-à-dire quand deux croyances s’opposent.

J’accompagnais déjà alors des personnes sur le chemin d’une relation à leur alimentation plus sereine, notamment à travers les maux de ventre. Et j’avais compris depuis un bail déjà qu’il n’existait pas UNE nourriture idéale. Qu’au contraire, chercher à composer une assiette « parfaite » pouvait nourrir un stress qui se répercutait ensuite sur notre digestion. J’avais aussi mis à jour ma propre orthorexie – cette obsession de manger sainement -, et j’étais en route vers une alimentation bien plus intuitive.

Aussi, il m’a paru cohérent en tant que coach qui souhaite accompagner et non conseiller de cesser de montrer ce que je faisais. C’est que je ne voulais pas influencer dans un sens comme dans l’autre. J’estime que mes choix alimentaires sont personnels et que mes client∙tes n’ont pas besoin de recopier mes repas pour être bien. Au contraire. Je ne veux pas laisser entendre qu’il existe une « bonne » manière de faire. Parce que l’être humain se compare. Toujours. Et que ce que je montre aux autres peut faire émerger des pensées du type « je devrais faire comme elle ».

Aussi, un plat ne reflète pas la réalité. Pas toujours. Pas complètement. C’est une petite partie d’un tout. Quand une personne publie la photo de son assiette au restaurant, on ne sait pas si il∙elle∙iel va tout manger, ce qu’il∙elle∙iel a consommé dans la journée, son appétit, tout ça… Personnellement, quand je publiais l’image d’un dessert, je n’en avalais que la moitié avant d’aller chausser mes baskets et de me restreindre par la suite. On ne sait pas ce que vivent les autres.

De la même façon que je ne suis pas toujours souriante et de bonne humeur, la photo de mon immense veggie bowl coloré à 12h n’est pas celle du lendemain à la même heure. Ni du soir-même.

Aussi, quand je publiais des images, que ce soit en posts ou en story, j’avais un immense sentiment de fierté. J’étais contente de vous montrer des lasagnes maison parce que waouuuu, ce jour-là, je m’étais autorisée de la béchamel. Désormais, quand je mange une pizza ou une glace, je ne suis pas fière. Je suis là « ouais, je mange de la pizza, de la glace, normal quoi ». Disons que mon état émotionnel n’est pas au plus haut, ni même au plus bas. De la même façon que je ne pète pas un câble chaque fois que mon fils étale ses jouets partout – parce que ça arrive 6 fois dans la journée -, je ne fais pas tout un fromage d’une prise alimentaire.

Je crois que pour beaucoup d’entre nous, quand on se remet d’une alimentation troublée, se sentir fièr∙e d’avaler des aliments qu’on a jugé « interdits » pendant longtemps peut vraiment aider. Donc je ne suis pas en train de dire qu’on ne devrait pas se sentir content∙tes de manger. Je suis très contente quand je déguste une mousse au chocolat (et – à contrario -, je suis déçue si celle au resto est vraiment pas bonne, comme c’était le cas il y a deux semaines). C’est complètement OK d’avoir un avis sur son repas. Nous ne sommes pas des robots.

Néanmoins, il y a une différence entre « ouais, c’est bon », « berk, c’est vraiment pas terrible » et « waaaaouuuu, regardez-moi terre entière, je fais un truc de FOUUUUU aujourd’hui, je mange des M&Ms !! » Encore une fois, au début, quand on avance en direction d’une relation apaisée avec la nourriture, ça peut carrément avoir sa place. Au bout de dix ans, ce n’est pas la même histoire. Intention les ami∙es !

Également, je n’ai rien à montrer, à prouver… à moi-même et aux autres. Je n’ai pas besoin qu’on valide mon assiette. Pendant longtemps, je postais un peu dans ce but-là. Je voulais être dans le paraître, je recueillais les opinions, les compliments… un peu dans le but de confirmer que oui, je suis une « bonne » personne qui se nourrit comme il se doit, avec tous ces critères-là à respecter.

J’avais aussi toujours cette appréhension d’être jugée. Et pour être 100% honnête et transparente avec vous, elle est encore là. Donc quelque part, ça m’arrange aussi de ne pas vous montrer la photo de mes coquillettes au beurre et au gruyère. De la même façon, si je ne suis plus vegan moi-même, j’ai énormément de respect pour ce mouvement. Et je refuse de vous montrer le burger dans lequel j’ai croqué parce que j’estime que ce serait irrespectueux envers les personnes qui s’alimentent autrement et qui militent en faveur de ça. Je les ai côtoyées pendant des années. Mon discours n’est pas tout ou rien, vous voyez. Et je vois aussi, en vous en parlant, mon propre jugement qui subside à certains endroits. Quand on projette sur les autres des pensées, en réalité, c’est bien souvent notre jugement à nous qui transparaît. Et c’est OK. Je suis là où j’en suis aujourd’hui. Je continue d’évoluer, de cheminer, de grandir moi aussi… Je veux casser cette image du∙de la coach qui a tout compris, qui sait tout gérer. Je suis un être humain, comme le sont aussi les psys, les diététiciens, les médecins… Nous avons tous∙toutes nos biais cognitifs, nos filtres personnels, nos vécus.

Un peu dans le même registre, je ne suis plus trop de comptes « food » avec des plats, des recettes, ce genre de choses. Je me suis désabonnée de presque tout. Non pas parce que je n’aime pas. Je ne suis plus certains comptes que j’apprécie, tenus parfois par des copines. C’est que je ne veux pas que mon cerveau continue de croire que tout ça, c’est ultra important, que c’est un exemple à suivre, que je dois manger de telle façon. Si je me suis sortie de ces pensées limitantes pour moi, elles ne sont pas encore entièrement résorbées. Et puis, encore une fois, par souci d’honnêteté : cuisiner, ce n’est plus trop mon truc. Je m’éclate à réaliser des gâteaux avec mon fils, des plats à l’occasion d’événements mais au jour le jour, je me contente de simplicité (coucou coquillettes !).

Et puis il faut dire que manger c’est une expérience corporelle avant tout. Mentale, émotionnelle et sociale aussi, je tiens à le rappeler, ET corporelle. Chaque fois que je commandais ce qui ferait joli ou bien sur Instagram plutôt que ce que je voulais vraiment, chaque fois que je prenais 20 minutes pour photographier un dessert ou une boisson… j’étais dans ma tête. Pas vraiment dans mon corps. Et pour moi, le plus gros du « boulot » a été d’apprendre à être dans mon corps. C’était vraiment dur. Ayant vécu des moments traumatiques, je ne voulais pas rester longtemps dans ma poitrine, mon ventre, mes jambes. Ma tête a toujours été un refuge.

Graduellement, j’ai appris, car on peut tout apprendre, j’en suis persuadée. Chaque fois que je reviens à moi, que j’oublie les autres et leurs recommandations, chaque fois que je retourne à mon intention, à ce que je veux, ce dont j’ai envie, ce qui est important dans le moment… je peux simplement être là où je suis, et bien souvent, c’est l’endroit où j’ai besoin d’être.

Je ne dis pas que plus jamais je ne publierais une photo d’un repas. Je ne fais plus de promesses dans ce genre. Je suis pour la flexibilité. Simplement, j’avais envie de vous apporter un éclairage sur pourquoi mes partages si longtemps « food » sont derrière moi. De comment j’ai eu besoin de me réapproprier ma cuisine, mon intimité à ce niveau-là.

Je terminerais par ceci : en tant que personne qui accompagne des individus dont la relation à la nourriture et à leur corps est compliquée, je reconnais ma responsabilité dans mes mots, dans les images que j’utilise. Je sais combien la photo d’un corps, d’un aliment, de chiffres peut être un « trigger », c’est-à-dire un élément déclencheur d’une pensée, d’une émotion, d’une action.

Aussi, j’encourage celles et ceux qui parlent sur les réseaux sociaux à un public dans lequel se trouve des gens qui souffrent dans leur tête, leur assiette et leur corps à s’assurer que leur contenu ne va pas causer des dégâts.

Bien sûr, on ne peut savoir exactement comment nos propos vont être interprétés. Et même la vidéo d’un chaton qui joue peut potentiellement faire du mal à quelqu’un. Néanmoins, sans se censurer, je crois que l’intention peut aussi se situer dans nos partages. Et si on a des doutes sur sa façon de faire, on peut se renseigner, se former.

Je ne prétends pas être exemplaire et c’est pourquoi je ne vais pas davantage développer ce point-là. Toutefois, quand je vois des images de femmes filiformes en bikini avec le hashtag #bodypositive, je ne peux m’empêcher de penser à toutes ces personnes qui n’ont pas le luxe de pouvoir se promener l’été sur la plage sans rencontrer un regard dédaigneux.

Au plaisir d’échanger avec vous sur tous ces sujets. Merci pour votre écoute, belle fin de semaine et à bientôt !

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Alice, maman d’une petite tornade, humaine imparfaite, auteure et coach de vie orientée bien-être.

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