« Gluten : Comment le blé moderne nous intoxique » {Éco-défi}

En avril dernier, j’avais évoqué sur mon blog les éco-défis de la blogueuse green Natasha, auquel je contribue de temps en temps, surtout lorsqu’il s’agit de passer en cuisine, vous vous en doutez bien, comme avec ma Super salade et sa super sauce, crème de tofu lactofermenté au poireau, mais pas que…

Bon, il est vrai, je dois l’admettre, la cuisine est ma grande passion (quel coming-out, quelle révélation !!). Je ne fais pas beaucoup de sport, du moins, je n’aime pas trop ça, même si j’ai couru pendant un temps, aujourd’hui j’ai du mal à me motiver, je nage, mais pas souvent, je marche aussi, j’aime bien marcher, mais la randonnée, ce n’est pas tous les jours… Je ne joue d’aucun instrument, et ce n’est pas faute d’avoir essayé, avec la guitare et le djembé, notamment (désastre et cacophonie !)… Je ne dessine pas, mes dons artistiques sont inexistants (j’ai vaguement abordé la poterie, le collage, la décoration d’œufs de Pâques et de galets, en vain)… Seule la cuisine m’anime réellement, je peux y passer des heures, en parler pendant des heures même…

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Qui veut une part de Tarte sans cuisson au chocolat, à la banane et à la noix de coco ?

La cuisine, et les livres. Depuis toute petite, je dévore les livres. Ado, je préférais m’enfermer dans ma chambre avec un bon roman plutôt que de traîner avec les copines au centre commercial. Aujourd’hui, j’écume les librairies, les bibliothèques, et je lis, parfois d’une traite, souvent pendant des heures. Les mots me portent, me font rêver, voyager, m’animent. Je suis de celles qui pleurent à la fin d’un bon roman. Si j’ai fait des études de lettres, je suis pourtant avide de romans, disons… « populaires » (je n’aime pas trop ce mot, mais il fera l’affaire). Je me délecte d’ouvrages anglais qui relatent des histoires d’amour (de la bonne chick lit comme disent mes collègues d’outre-Manche). Je raffole de Guillaume Musso, de Marc Lévy, d’Olivier Adam, de Daniel Pennac, de Martin Winckler. Comme avec les films, il faut que ma lecture soit divertissante, captivante, qu’elle me transporte. Exit les histoires d’horreur, la science fiction. J’ai besoin de vrai, j’ai besoin de sentiments, j’ai besoin de héros auxquels je peux m’identifier.

Rando

C’est pourquoi, si j’ai parcouru les « classiques » du veganisme (Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Foer ; Bidoche : L’industrie de la viande menace le monde de Fabrice NicolinoLa cause des animaux de Florence Burgat ; Why We Love Dogs, Eat Pigs, and Wear Cows de Melanie Joy…), j’ai du mal à me plonger dans des ouvrages engagés. Parce que je sais. Parce que j’ai ouvert les yeux. Parce que ça fait mal. Parce que je suis sensible et empathique. Parce que les images du quotidien sont déjà assez difficiles comme ça pour que l’un de mes seuls passe-temps me sape le moral.

Découvrir des lectures engagées et inspirantes

C’est pourquoi, lorsque Natasha m’a invitée à participer à l’éco-défi n°29Découvrir des lectures engagées et inspirantes”, j’ai eu un mal fou à trouver un sujet que je voulais aborder ici, avec vous… Certes, j’aurais pu me lancer dans une thèse sur la nostalgie et le mal-être dans les romans d’Adam ou encore la place de la rencontre et la distorsion du temps chez Musso, mais je doute que Natasha avait ces auteurs en tête lorsqu’elle a lancé son défi. Winckler est un écrivain engagé, certes. D’ailleurs, si vous n’avez pas lu son Chœur des femmes, je vous le recommande chaudement. L’auteur plaide pour une pratique d’une médecine plus éthique et bienveillante, notamment à l’égard des femmes. Mais  je n’étais pas vraiment à l’aise pour en parler ici. Je souhaitais que mon choix soit alimentaire, qu’il touche de près ou de loin à la cuisine.

GLUTEN couv

C’est alors que ma petite sœur m’a rendu l’ouvrage que j’avais prêté à ma tante, et dont j’avais oublié l’impact qu’il avait eu sur ma vie. Un ouvrage qui m’a fichu une réelle claque, et qui a profondément modifié la manière dont je m’alimente aujourd’hui. Ce livre, c’est Gluten : Comment le blé moderne nous intoxique de Julien Venesson, paru en 2013 aux édition Thierry Souccar. Julien Venesson est un journaliste scientifique, formateur en nutrition pour les professionnels. Il prône une santé responsable, basée sur la prévention via la nutrition et la micro-nutrition. Dans son livre consacré au gluten, il retrace l’évolution de la culture du blé, de sa naissance à nos jours. Il explique en quoi ce dernier est aujourd’hui nocif pour nos intestins, comment il créé des ravages chez beaucoup d’entre nous, cœliaques, intolérants ou sensibles au gluten. Il pointe du doigt l’agronome américain Norman Ernest Borlaug, à l’origine du blé moderne, qu’il nomme « Frankenblé », un mutant, dont les gènes ont été profondément modifiés afin d’enrayer la famine d’après-guerre (le blé, pas Borlaug). Une « Révolution verte » qui est à l’origine de nombreux maux au 21e siècle…!

Farine balance

Venesson va même plus loin et détaille de manière très approfondie les effets du blé sur notre corps, nos intestins, nos articulations, nos cellules, notre cerveau. Il donne également des pistes pour sortir de l’engrenage, adopter une alimentation plus douce pour notre organisme. Son ouvrage, très complet, est indispensable à ceux et celles qui se posent des questions sur le gluten, qui sont sujets à de souffrances chroniques : douleurs abdominales, maux de tête, problèmes de peau, troubles respiratoires…

Huile d'olive et pain

Je ne comprends pas, qu’à l’heure actuelle, alors que de nombreuses études ont démontré l’impact de nos repas sur notre santé, les professionnels du monde médical ne nous incitent pas à modifier nos régimes alimentaires, et n’évoquent même pas, pour la plupart, la responsabilité de l’alimentation moderne sur notre mal-être. Comment est-il possible que le gluten continue aujourd’hui librement à faire des ravages, tout comme le sucre d’ailleurs (à ce propos, filez regarder ce reportage avec vos proches !), ou les produits laitiers ? Pourquoi les politiciens et les médecins ne nous mettent pas en garde ? Pourquoi ferment-ils les yeux sur ce qui nous ronge et nous détruit au lieu de tout faire pour nous préserver ? N’est-ce pas là leur rôle, celui d’assurer notre protection plutôt que celle des grands groupes industriels ?

Et vous, qu’est-ce qui vous met en colère ? Quelles sont les lectures engagées que vous recommandez ?

Quels sont vos loisirs, vos passions ? Aimez-vous lire ? Racontez-moi un peu ce qui vous fait vibrer… ;-)

Merci à Natasha pour cet éco-défi n°29 “Découvrir des lectures engagées et inspirantes”. Inscrivez-vous à la newsletter qui regroupera l’ensemble des livres présentés durant l’éco-défi à la fin du mois de novembre.

Hier, Émilie nous a parlé de L’âge des low  tech de Philippe Bihouix ; demain, Pauline nous donnera son avis sur No Steak d’Aymeric Caron.

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27 comments

  1. Emmanuelle says:

    Bonjour Alice,

    J’ai deux livres à vous conseiller si vous ne les avez pas déjà lu, pas des histoires d’amour, des histoires de chat. Mais attention pas des histoires bébetes. Ce sont des histoires vrai, qui en plus de parler de belles rencontres avec des créatures pleines d’amours, sont également des belles histoires humaines qui sont très touchantes. Lisez le résumé en cas, tout d’abord:
    – Grâce à l’amour d’un chat – Louise Booth
    – Un chat des rues nommé Bob – James Bowen

    voila voila
    bonne continuation

    • Lili says:

      Bonjour Emmanuelle,

      Merci pour votre message ! :)
      Alors là, les histoires de chats, moi je prends…!!! Merci ! :D
      Connaissez-vous les ouvrages d’Annie Duperey, notamment « Les Chats de hasard » et « Le Poil et la Plume » ?
      Bon week-end,
      Lili

      • Emmanuelle Sarian says:

        Bonjour Lili,

        Oui j’ai déjà lu « les chats de hasards » je n’ai fait que pleurer du début à la fin du livre… ^^
        Mais je sais qu’Anny Duperey a fait d’autres livres il faut que je les lise. ;)

        Bon week end :)

  2. Elodie says:

    Article super intéressant, qui allie information sur la nutrition et approche de la lecture :-) J’ai ouvert un blog sur l’alimentation en aout dernier et j’ai mis aussi un systeme de défis mensuels en place, mais je ne connaissais pas le blog dont tu parles, je vais aller voir tout de suite!
    Lire est pour moi la meilleure école; on peut varier les approches differentes et se faire son propre jugement! J’ai une longue liste de livre à acheter, sur les ravages de l’élevage intensif, les méfaits du lait, les bases de l’alimentation végétalienne, etc. Mais je ne me suis pas encore penchée sur le gluten. Je dirais que je suis végétarienne à 70% et végétalienne le reste du temps depuis quelques mois (même si j’ai fait une grosse entrave à mon alimentation pendant mon voyage au Japon en octobre dernier, j’ai mangé viande et poisson, c’était très dur de trouver des plats végétariens).
    Pour moi, changer son alimentation est comme apprendre une nouvelle langue; je redécouvre tout, je sors la tête de l’eau par rapport à ce que les médias et les pros de la santé nous on toujours enseigné! (Tu l’expliques tres bien dans ton article d’ailleurs!).
    Et meme si je me sens beaucoup mieux depuis que je suis vegetarienne/végétalienne, parfois j’ai encore des maux de ventre, ballonements et gargouillis principalement. Et certains jours le teint terne, des cernes, une fatigue inexplicable… Pourtant j’ai une alimentation au top, je fais du sport…mais je ne fais pas attention au gluten. Alors, je vais serieusement m’y intéresser! Merci pour cet article éclairé!

    • Lili says:

      Bonjour Elodie,

      Merci beaucoup pour ton message et ton témoignage, qui me font plaisir à lire. :)
      Bravo pour le chemin que tu empruntes, c’est fabuleux ! :D
      Attention au sucre et au gluten, qui peuvent être responsables de tes maux, effectivement. :)
      J’ai mis plusieurs années à en arriver où je suis aujourd’hui, et encore, mon cheminement alimentaire n’est pas terminé…
      Il faut y aller à son rythme, bien écouter son corps. :)
      Je te souhaite un très bon week-end,
      Lili

  3. Carole says:

    J’ai délaissé depuis longtemps les produits enrichis en gluten (et oui cela apporte une meilleure conservation et du moelleux). J’achète des farines issues de blés anciens et je fabrique mes pâtes, mes biscuits et mes gâteaux.
    Nous ne souffrons d’aucune intolérance mais l’industrie agro alimentaire exagère !
    Et notre santé trinque !

    • Lili says:

      Elle exagère grandement même…!
      Merci pour ton message. Tu as bien raison de tout faire toi-même, c’est la meilleure solution…
      Je t’embrasse Carole,
      Lili

  4. Lucie says:

    Bonjour Lili !

    Merci pour cet article ! Juste ce petit mot pour te dire qu’il semblerait que le lien vers la vidéo du documentaire sur le sucre ne fonctionne plus…

    Bon après-midi !

    • Lili says:

      Coucou !
      Merci Lucie, tu es géniale. :)
      C’est réparé, en espérant que YouTube ne la retire pas à nouveau de son site…
      Bises,
      Lili

  5. Juliette says:

    Bonjour Lili,
    Moi aussi j’ai coupé le gluten depuis quelques temps déjà pour mal être mais voilà un petit problème : je voudrais manger du bon pain un jour qui ne soit pas lourd et dense comme la plupart des sans gluten… Comment faîtes vous ? Vous l’achetez où vous avez une bonne recette ? Je n’habite pas en France et ce que je trouve ici sont encore des pains avec des farines raffinées et plutôt lourd… Quoique maintenant je me suis assez habitué à ne plus en manger ! Mais il faut avouer q’une bonne tartine et tranche de pain manque parfois. Merci !

    • Lili says:

      Bonjour Juliette,
      Vous trouverez une recette de pain sans gluten sur mon blog, que je trouve sympa. :)
      Il suffit de taper pain sans gluten dans le moteur de recherche. :)
      Belle journée,
      Lili

  6. Rosenoisettes says:

    Je ne lis pas plus que cela sur le gluten, mais d’expérience je ne pense pas que ce soit le gluten le problème. Le problème sont les grains de céréales et les farines trop raffinés, dénaturés. Ces grains ne sont pas bien assimilés par l’organisme car dénaturés et donc vus comme étrangers par notre corps.
    En privilégiant des variétés anciennes, complètes, et saines (bio, bio et local, travaillées dans de vieux moulins) la différence est nette. Moins de fatigue, moins de maux de ventre.
    Le sans gluten ou prôner ces céréales là me donnent le même résultat :)
    Je ne suis ni intolérante, ni allergique, j’ai juste une petite sensibilité au gluten, je pense, mais ce n’est qu’un auto-diagnostic, alors ça ne vaut pas tout ;)

    Bonne soirée Lili <3

    • Lili says:

      C’est très bien dit Camille, merci pour ton retour. :)
      Malheureusement, ce type de céréales se font de plus en plus rares… As-tu vu le documentaire « La Guerre des Graines » ?
      Bises,
      Lili

  7. Antigone XXI says:

    Bon, j’espère que tu ne vas pas prendre mal mon commentaire, surtout, Lili, parce qu’il n’a rien contre toi du tout !… ^^ Mais c’est que je n’ai pas aimé ce livre, que j’ai lu très attentivement, et je vais essayer d’expliquer pourquoi. Je ne remets pas en cause la bonne foi de son auteur, que j’ai un peu côtoyé il y a un certains temps, mais ses propos et sa démarche sont très problématiques. En effet, ils sont souvent marqués par d’importants problèmes de corrélation dans leur raisonnement et argumentation, une manipulation des chiffres et une lecture malhonnête des études citées. Venesson s’appuie en effet sur de nombreuses études qui feraient, selon lui, le lien entre consommation de gluten et pathologies auto-immunes, c’est le gros de son argumentaire. Je suis allée voir ces études de plus près et que disent-elles ?

    Certaines études montrent par exemple que les malades de Crohn ou Hashimoto ont plus de chances d’être également cœliaques que les non-malades. Selon l’une de ces études, 2-5% des patients atteints de pbs de thyroïde s’avèrent aussi cœliaques (source). Plutôt que d’extrapoler comme il le fait sur un lien de causalité entre les deux maladies façon ‘consommer du gluten mène chez tout le monde à une maladie auto-immune’, nous pouvons seulement en conclure que les deux processus auto-immuns sont liés et qu’on peut expliquer ces liens par un terrain immunogénétique commun, à savoir : les métabolismes des malades doublement atteints ont certainement une propension à développer ce type de processus auto-immun.

    Je ne sais pas si cette comparaison peut aider car elle ne concerne pas des phénomènes auto-immuns, mais, à titre d’exemple, les personnes atteintes de trisomie 21 ont un profil tumoral différent de la population générale : leur propension à développer des cancers à l’âge adulte est moindre que les gens non-atteints de trisomie 21 (source). De la même manière et de façon inverse, les gens ayant déjà une pathologie auto-immune de type maladie cœliaque ont plus de chance de développer une autre maladie auto-immune (surtout si rien n’est fait pour stopper le processus inflammatoire, ici par ex. en cessant la consommation de gluten). Pour autant, ce n’est pas parce qu’on détecte une sensibilité ou une intolérance au gluten chez des personnes qui ont une pathologie X, que l’ingestion de gluten mène automatiquement chez tous les individus à cette pathologie.

    D’autre part, ce livre a tendance à ne citer que certaines sources et en oublier d’autres (ex. d’étude ne montrant pas le développement d’un plus grand nombre de pathologies thyroïdiennes chez des patients suivant une alimentation sans gluten et ceux consommant toujours du gluten). Selon moi, l’auteur fait preuve d’une assez grande malhonnêteté en omettant systématiquement ces études et en extrapolant complètement à partir des autres. Et ce n’est pas la première fois qu’il le fait : dans ses articles publiés en ligne, je suis souvent frappée par la manière dont il fait dire n’importe quoi aux études qu’il cite.

    Dernier exemple en date : cet article qui se demande si l’homme est végétarien par nature. Il cite une étude montrant que les végétariens ont soi-disant plus de risques de développer des maladies auto-immunes car ils mangent plus de gluten. Je le cite : ‘Très peu d’études se sont penchées sur cette question, mais la dernière en date a montré que les végétariens avaient plus de risques de maladies auto-immunes de la glande thyroïde’. Que dit l’étude (que je suis allée lire) ? Très exactement le contraire : ‘In conclusion, a vegan diet tended to be associated with lower, not higher, risk of hypothyroid disease.’ J’ai d’ailleurs pointé du doigt cette incohérence en commentaire et celui-ci a bien sûr été tout de suite effacé… Il ne suffit pas de citer un titre d’étude pour étayer un propos : encore faut-il la lire… Et c’est la même chose dans tout son bouquin.

    Quand on a un problème de sensibilité ou d’intolérance au gluten, bien sûr, il ne faut pas en consommer. De même, quand on a une maladie auto-immune, quelle qu’elle soit, je pense qu’il est bon de faire des tests pour savoir si l’on est intolérant ou sensible au gluten et, si c’est le cas, en arrêter la consommation. Mais je pense qu’il faut prendre beaucoup de précautions quand on étudie la question et faire très attention aux problèmes de corrélation… Voilà, j’espère surtout ne pas t’avoir vexée, Lili, ce n’était pas mon but ! Bisous !

    • Laurence says:

      En conclusion, le blé moderne n’est finalement pas dangereux pour qui n’a pas d’intolérance ou d’allergie et que l’on n’a pas une maladie auto immune détectée ?
      Question bête surement, pourquoi se sent-on « mal » quand on en consomme alors que ce n’était pas le cas avec les pâtes ou les pizze de notre enfance ?
      Pardon si je n’ai pas tout compris ou bien lu …

      • Lili says:

        Conclusion : mieux vaut pas en abuser, qu’on ai mal ou non… Moi c’est ce que j’en tire en tous cas… Le problème actuel c’est que le gluten est partout, et que l’on en consomme à gogo, et à toutes les sauces… Et petits, on développait des allergies, des rhumes, des maladies ORL… souvent liées au gluten.

    • Lili says:

      Coucou,

      Et pourquoi je le prendrais mal ? Après tout, tu livres ton point de vue éclairé, et ton retour est très intéressant !

      Je crois que l’auteur a un avis tranché, et qu’il souhaite le défendre, et qu’il s’en tient donc aux études qui vont dans son sens, comme c’est souvent le cas. Finalement, on se raccroche tous à ce qui nous intéresse, non ? Nous même, en tant que vegan, on a tendance à fermer les yeux sur les études qui parlent des bienfaits de la viande ou des produits laitiers…? Il y a tellement d’études sur tout et pour tout aujourd’hui, certaines objectives, d’autres financées par les lobbys, qu’on ne sait plus trop où donner de la tête et à qui se fier…
      En tous les cas, je ne prends pas ses mots pour vérité, et comme toute étude, ou tout article ou livre sur un sujet, je fais en sorte de piocher des infos à gauche à droite, pour me faire ma propre opinion. Et la mienne est que de toute façon, quoi qu’il en soit, le blé moderne n’est pas de qualité, qu’on en consomme trop, et qu’il agresse bon nombre d’intestins.
      Merci encore pour toutes tes précisions. :)

      Je t’embrasse,
      Lili

      • Marc | blog-sans-gluten.com says:

        Coucou Lili,

        D’abord, merci pour le partage de ce livre que je connais depuis quelques temps déjà, moi aussi.
        La vulgarisation scientifique n’est pas chose facile.
        Je le sais pour m’y être moi-même mis dernièrement sur mon blog…
        Contrairement à Julien Venesson, j’ai un doctorat de biologie, et une expérience de plusieurs années dans la recherche, et j’espère bien ne jamais tomber dans les travers et critiques faite contre lui ici… (mais pas facile de contenter tout le monde quand même…).

        C’est d’autant plus délicat quand on n’est pas simple observateur, mais qu’on souhaite convaincre et rallier d’autres à ses propres convictions, comme c’est visiblement le cas de Julien Venesson.

        @AntigoneXXI Je n’en attendais pas moins de toi et de ta sagacité !
        Avant de te rejoindre dans ton analyse, ce que ce livre m’évoque malgré tout de positif, c’est qu’il a le mérite d’exister et d’ouvrir une discussion, là où il y avait bien peu à se mettre sous la dent avant cela pour le grand public…

        Les supposées bases scientifiques sont parfois discutables, je suis entièrement d’accord avec toi sur ce point, même si le commun des mortels aura peine à le croire en feuilletant les nombreuses pages de références bibliographies du livre (comme quoi il faut toujours se méfier des apparences).

        Maintenant, il faut reconnaitre que pour un néophyte, une bonne partie des messages-clés les plus simples du livre restent bien en mémoire et participent au moins à un questionnement sur le rôle de notre alimentation moderne vis à vis de notre santé.

        Bizarrement son livre sur la nutrition Paléo m’avait bien plus irrité que ce livre sur le gluten, et pourtant la problématique du gluten me tient visiblement à coeur…
        Je me souviens de cet argument contre les légumineuses, riches en acide phytique et en « anti-nutriments » qui m’avait fait doucement sourire.
        Si moi, simple omnivore, je souris doucement que ferait un vegan ? :) Rugirait-il ? , je ne saurais dire :)
        Peut-être Julien ne sait-il pas qu’il faut faire tremper les légumineuses, bien les rincer, et bien les cuire avant de les manger…
        Là aussi, c’est la même structure d’argumentation incomplète que celle que tu as toi aussi relevée Ophélie.
        Bref je m’éloigne un peu…

        Donc pour revenir à ce livre sur le gluten, Julien Venesson a pris une position clairement « anti », pour un message simple et efficace. Sans chercher à le défendre, un tel livre jette un gros pavé dans la mare, et pourtant il ne fait pas tant de vagues dans les media. C’est intéressant à remarquer.

        Le fait de prendre le temps de discuter chaque argument et de nuancer fait perdre la puissance du message de vulgarisation, et ça ne plait pas, à nous autres « PhD ». Pourtant un bon vulgarisateur aux yeux du grand public ne doit pas trop diluer le propos, sinon il risque de créer de la confusion plus qu’autre chose.

        Là ou je te rejoins encore une fois Ophélie, c’est dans les cas où l’on ne peut pas trancher, là il faut avoir l’honnêteté de le dire, voire accepter de ne pas aborder des sujets « pas clairs », plutôt que de prendre une position arbitraire, partielle et partiale qui fait sortir de ce devoir moral de réserve et d’objectivité.
        Quand la quête de vérité passe au second plan c’est très gênant, effectivement…

        Pour finir là dessus, imagine maintenant qu’une personne foncièrement opposée au « sans gluten » trouve dans un livre de ce type un argumentaire mou, avec de la controverse, pas de conclusions claires. C’est la porte ouverte à une instrumentalisation facile, avec des arguments de décrédibilisation servis sur un plateau.
        Quand on est très engagé, il est tentant d’effacer ce qui ne nous arrange pas pour renforcer le discours.

        Pas simple de faire évoluer sérieusement le débat dans ces conditions… Mais je relève le défi à ma manière !

        Pour moi le message qui compte, c’est que le gluten ne doit pas être systématiquement considéré comme le facteur causal de tous les maux modernes. Mais il faut bien reconnaitre qu’il est très souvent un amplificateur ou un révélateur de troubles et symptômes parfois pré-existants qui impactent notre santé fragilisée par l’impact écologique néfaste de la pollution dont notre humanité est responsable, et par toutes les sources toxiques et sources d’agression que notre corps doit subir aujourd’hui.
        Et je ne parle même pas du lait qui est bon N°2 pour jeter de l’huile sur le feu de nos intestins fragiles d’Hommes modernes…

        Vaste sujet à méditer.

        Merci encore Lili pour ce partage qui déchaîne les passions ! Et merci AntigoneXXI pour la qualité de ton analyse et le plaisir que j’ai eu à la lire ;)

        Amicalement,
        Marc

        • Lili says:

          Coucou Marc,

          Quel grand plaisir que de te lire !!!!
          Je suis ravie d’accueillir ton partage sur mon blog, qui vient compléter celui d’Ophélie. Rien que pour vos deux messages, je suis ravie d’avoir choisi de présenter ce livre.
          Vos deux messages sont d’une grande richesse et je me suis délectée à les lire, vraiment.

          Je partage ton point de vue Marc, sur le « pavé dans la marre » et la vulgarisation…
          Contrairement à vous, je n’ai pas de PhD, mais j’essaye toujours de prendre du recul par rapport aux informations que je recueille et je reste toujours ouverte à la discussion, aux différents avis, c’est très enrichissant.
          Bref, juste merci pour vos mots en somme. :) J’ai la plume moins bien aiguisée que vous, alors je m’arrête là et je vous fais des bisous !

          Très bon week-end,

          Lili

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